« La demeure à Droue-sur-drouette est un couple Homme / Femme scindé, puis réuni. Toute de netteté technologique, elle offre un parallélépipède d’où s’élèvent de chaque longueur opposée, mais décalées de façon à ne pas se rencontrer, les obliques des deux toits qui ouvrent chaque moitié du volume, l’un vers le nord, l’autre vers le sud… Les deux toits se hissent l’un vers l’autre, se croisent en s’évitant, l’un à coté de l’autre, finissent par se tourner le dos pour assoir deux parties célibataires, à la fois distinctes et intriquées, un yin au nord, un yang au sud. C’est une tête avec deux yeux comme toute tête ; ici c’est une maison, un œil devant, un autre derrière : elle pense. On dirait un couple accoudé au même coude. La structure géométrique de la maison incorpore la réflexion qui l’a vu naître. C’est une maison et son plan, ses dessins, ses esquisses, ses maquettes et ses origamis. Allouer tout en même temps une demeure et son état naissant, sa « mise en demeure », c’est à dire pratiquement donner sensible et et tout à fait invisible l’entrelacs du projet et de sa réalisation, Thierry Mazellier le suggère avec légèreté : sans voirie d’accès, posée sur de délicat pilotis, la maison plane dans son pré comme des questions d’amour dans un écrin. » Alain Sevestre